L’Union européenne est parfois lente à se mettre en branle. Néanmoins, la volonté de plusieurs pays extérieurs de rejoindre cette communauté témoigne de son attractivité. Neuf Etats sont actuellement candidats à une intégration européenne, y compris l’Ukraine dont le dossier semble figurer en haut de la pile.

Neuf Etats sont officiellement reconnus candidats à une entrée dans l’Union européenne, y compris l’Ukraine dont l’intégration est une question stratégique de premier plan. Photo Noé Rivallain

Parfois rageante pour ses Etats membres, l’Union européenne reste très attractive pour ceux qui n’en font pas partie. Ce jeudi 21 mai, le chancelier allemand Friedrich Merz a proposé de créer un statut de « membre associé » pour accélérer l’intégration européenne de l’Ukraine. L’occasion de rappeler que huit autres Etats sont actuellement candidats à une entrée dans l’UE.

Depuis la création de la Communauté économique européenne (CEE), devenue l’UE en 1992, le nombre d’Etats membres a continuellement augmenté. Le plus important élargissement a eu lieu en 2004, où dix nouveaux Etats ont intégré ce qu’on appelle maintenant « l’Europe des 27 ». Avec le Brexit voté par référendum en 2016 et effectué en 2020, le Royame-Uni reste le seul exemple de retrait d’un pays de l’UE. Voici une première preuve de l’utilité de cette organisation internationale, qui cumule pourtant les frustrations nationales.

Un long processus d’adhésion

La Turquie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie, l’Albanie, l’Ukraine, la Moldavie, la Bosnie-Herzégovine et la Géorgie sont tous reconnus comme des candidats officiels à une entrée dans l’UE. Ce statut qui est accordé par les États membres marque la première pierre d’un long processus d’intégration. Dans un deuxième temps, les États membres doivent valider à l’unanimité l’ouverture des négociations d’adhésion. Une période pendant laquelle le pays candidat doit prouver qu’il respecte les trois critères de Copenhague, qui visent notamment à s’assurer qu’il est démocratique, dispose d’une économie de marché viable et a transposé la législation de l’UE dans son droit national.

Les négociations n’ont pas encore été ouvertes pour certains de ces pays. D’autres semblent être au « point mort ». C’est ce que déclarait le Conseil de l’UE en 2019, à propos du cas de la Turquie, car le gouvernement d’Erdogan refuse notamment de reconnaître le génocide des Arméniens de 1915.

Un des pays les plus avancés est l’Albanie, qui a entamé la quasi-totalité des 33 chapitres de négociations. Tirana espère boucler les négociations en 2027, pour envisager une adhésion à l’horizon 2030. Comme pour toutes les procédures qui entourent l’UE, il faut compter sur le temps long…

L’UE reste attractive

Pourquoi un tel attrait pour l’UE ? Les avantages sont multiples. D’abord d’un point de vue politique. Depuis 70 ans, les pays de la communauté européenne sont en paix, si bien que cette notion est devenue un acquis pour les habitants de l’Europe occidentale. N’oublions pas que la communauté européenne s’est constituée à la suite des deux guerres les plus meurtrières de l’histoire, nées dans l’Europe des nations.

Rejoindre l’UE, c’est aussi faire partie de la troisième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis et la Chine. La liberté de circulation des individus, des biens et des services entre les pays membres favorise les échanges. D’autant plus que la monnaie unique que constitue l’euro élimine les potentiels problèmes de conversion.

Pour ce qui est de la production agricole, la Politique agricole commune (PAC) est également un élément d’attractivité important. Même si son budget diminue continuellement depuis 40 ans, elle représente actuellement un quart des dépenses de l’Union européenne.

Le cas complexe de l’Ukraine

Parmi les pays aspirants à rejoindre l’UE, la priorité actuelle est placée sur l’Ukraine. Officiellement candidate depuis 2022, elle est déjà largement prise en compte dans les intérêts de l’Union européenne. Les 90 milliards euros d’aide votés en avril en témoignent, tout comme la proposition de Friedrich Merz de créer le statut de « membre associé » spécialement pour l’Ukraine.

Pour autant, le régime politique ukrainien est régulièrement mis en cause pour des affaires de corruption. La dernière en date, le 28 novembre, concernait la démission d’Andriy Yermak suspecté d’avoir participé au blanchiment de 9 millions d’euros entre 2021 et 2025. Volodymyr Zelensky, qui avait été élu notamment sur ses promesses de mettre fin à la corruption au sein du pouvoir politique ukrainien, n’a pas réagi à la démission de son bras droit.

Pour le moment, le changement de gouvernance en Hongrie offre de nouvelles perspectives à l’Union européenne en matière d’aide à l’Ukraine. Le nouveau président Peter Magyar affirme depuis son arrivée au pouvoir une rupture avec la politique pro-russe de Viktor Orban.

Elliot Ten Eyck