Un tout nouveau marathon, reliant la ville de Strasbourg et les communes transfrontalières en Allemagne, devrait bien voir le jour après la mise à l’arrêt de la course de l’Eurodistrict en 2015. Le projet, en cours de finalisation, est porté sans relâche par la nouvelle administration municipale de la capitale d’Alsace.

Fin avril, à Londres, le monde du sport et pas seulement se réjouissait de l’exploit mythique du coureur kényan Sabastian Sawe, qui a pulvérisé le record du monde du marathon en franchissant la barre des deux heures : 1 h 59 min 30 s. Dans le même temps, à Strasbourg, le printemps ramenait avec lui des milliers de runners prêts à arpenter les rues de la ville, dossard sur le dos, entre la course en relais « Ekiden » — en hommage à la compétition japonaise homonyme et la 46ᵉ édition des Courses de Strasbourg-Europe, célébrée le 10 mai, forte d’environ 5 000 participants répartis entre les formats 5 km, 10 km et semi-marathon.
Le marathon, compétition-fleuron d’une capitale européenne
Strasbourg, ville frontalière que seul le Rhin sépare de l’Allemagne, constitue par ailleurs un carrefour européen idéal pour accueillir un marathon placé sous le signe de la concorde et de la proximité. En 2012, la première édition du Marathon Strasbourg-Ortenau de l’Eurodistrict — groupement européen de coopération territoriale (GECT) rassemblant 112 communes françaises et allemandes de part et d’autre du Rhin — a eu lieu, sacrant le Belge Thomas Loquet.
La compétition n’aura pas fait long feu : la dernière édition remonte à 2015. Depuis, le projet s’est enlisé, notamment en raison d’une faible participation côté allemand. Les coureurs étaient en effet découragés par l’obligation de présenter un certificat médical d’aptitude, une formalité qui n’est pas requise dans les courses organisées outre-Rhin.
Lors de la dernière campagne des municipales, plusieurs candidats à la mairie s’étaient emparés du sujet, notamment l’édile Catherine Trautmann, élue le 22 mars. Le retour d’un grand marathon transfrontalier constituerait le fleuron sportif qu’une « capitale européenne » digne de ce nom se doit d’afficher.
“Une volonté très forte”
« La maire de Strasbourg l’a dit haut et fort depuis le podium des dernières Courses de Strasbourg : il y aura bien un retour du marathon transfrontalier. Sa volonté est très forte. » Claude Schneider maîtrise le dossier : en tant que président de l’Association des Courses de Strasbourg (ACSE), il est chargé de l’organisation des principales compétitions de running dans l’Eurométropole. « Le projet est effectivement en cours de finalisation. Il ne manque plus que le soutien politique et financier des partenaires côté allemand — les communes de l’Eurodistrict, NDLR. Pour enclencher ce renouveau, nous misons sur une vraie démarche franco-allemande, alors qu’à l’origine, il s’agissait d’une initiative franco-française », explique-t-il.
Cet ancien professeur des universités en faculté de pharmacie met l’accent sur un véritable phénomène de société : « Derrière le retour du marathon, il y a un fort lobbying spontané” de la part des coureurs. Au demeurant, le taux de participation entre hommes et femmes s’est considérablement rééquilibré ces dernières années. » Et d’ajouter : « Le mouvement est porté en grande partie par des amateurs. Parmi les inscrits aux courses, il y a très peu de licenciés [de la fédération d’athlétisme]. »
