Entre découvertes, solitude et rencontres marquantes, Jonas est parti plusieurs mois à Chypre grâce au programme Erasmus+. Une expérience qu’il imaginait festive avant son départ, mais qui lui a surtout appris à se débrouiller seul et à sortir de sa zone de confort.

Avant son départ, Jonas imaginait surtout « le soleil, les plages et la vie étudiante ». Une fois sur place, la réalité est un peu différente. Quand il évoque son séjour à Chypre, Jonas parle d’abord du changement brutal que représente un départ à l’étranger. Pendant plusieurs mois, cet étudiant français a vécu à Nicosie, la capitale chypriote, dans le cadre du programme Erasmus+.
« Au début, c’était franchement bizarre. Tu arrives dans un pays que tu ne connais pas, tu dois parler anglais tout le temps, rencontrer plein de gens alors que tout le monde est un peu perdu », raconte-t-il. À Chypre, l’étudiant découvre aussi un rythme de vie très différent de celui qu’il connaissait en France. « Il y a eu des moments où je me suis senti seul, surtout au début. Quand t’es loin de tes proches et que tu n’as pas encore trouvé tes repères, ça peut être compliqué. »
Bientôt 40 ans d’Erasmus
Faire ses études à l’étranger, rencontrer des jeunes venus de toute l’Europe, découvrir une nouvelle culture et apprendre à se débrouiller seul. Depuis 1987, le programme Erasmus+ permet chaque année à des milliers d’étudiants européens de partir plusieurs mois dans un autre pays. Un dispositif devenu, au fil du temps, l’un des symboles les plus populaires de l’Union européenne.
Concrètement, Erasmus permet à des étudiants de poursuivre une partie de leurs études dans une université partenaire à l’étranger, avec une aide financière pour faciliter le départ. Aujourd’hui, le programme ne concerne plus seulement les études universitaires. Stages, apprentissage ou échanges de jeunes peuvent aussi être financés. Les étudiants en mobilité reçoivent généralement entre 225 et 674 euros par mois selon le pays de destination et leur situation. Des aides complémentaires du Crous ou des régions peuvent parfois s’ajouter.
Mais derrière les chiffres et les dispositifs européens, Erasmus reste surtout une expérience humaine. Malgré les difficultés du début, Jonas garde un souvenir très fort de son expérience. « Tu rencontres des gens de partout. En quelques semaines, j’avais des potes espagnols, italiens, allemands… Ça te fait voir les choses autrement. » Entre les cours, les voyages organisés avec d’autres étudiants et les soirées improvisées, il découvre une autre manière de vivre ses études.
« Il faut être prêt à sortir de sa zone de confort »
Mais tout n’a pas été simple pour autant. « On vend souvent Erasmus comme six mois de vacances, alors qu’en vrai il y a aussi du stress. » Le coût de la vie sur place, certaines démarches administratives compliquées et la fatigue liée au fait de parler une autre langue au quotidien ont parfois pesé. « Les aides financières aident, mais ça ne couvre pas tout. Entre le logement, les courses et les sorties, il faut quand même prévoir un budget à côté. Et mentalement, il faut être prêt à sortir de sa zone de confort. »
Avec le recul, Jonas ne regrette pourtant rien. « Ça m’a fait grandir. Tu apprends à te débrouiller seul. » Une expérience qui, selon lui, change autant personnellement que professionnellement. « Quand tu reviens, tu n’es plus le même », confie-t-il.
Près de quarante ans après sa création, Erasmus+ continue donc de séduire les étudiants européens. Derrière l’image festive souvent associée au programme, beaucoup retiennent surtout une expérience qui les a fait grandir, humainement autant qu’académiquement.
Léa Govin
