Mardi 19 mai, l’ancien député roumain Cristian Rizea a interrompu le discours de la présidente moldave Maia Sandu au Parlement européen, alors qu’elle recevait une médaille de l’Ordre européen du Mérite. Condamné pour corruption, blanchiment d’argent et trafic d’influence, il a hurlé des accusations contre la cheffe de l’État avant d’être expulsé des tribunes de l’hémicycle.

« Maia Sandu est une dictatrice, la justice est corrompue en Moldavie. » L’ex-député roumain Cristian Rizea a joué les trouble-fête durant la distinction de l’actuelle présidente moldave au Parlement européen, ce mardi 19 mai. L’homme politique roumain a été escorté vers la sortie pendant que des applaudissements retentissaient dans l’hémicycle pour couvrir ses hurlements.
Un ex-parlementaire roumain condamné en 2019
Avant de surgir dans les tribunes du Parlement européen, Cristian Rizea a longtemps gravité dans les cercles politiques roumains. Ancien député à Bucarest entre 2008 et 2016, il traîne derrière lui un lourd passé judiciaire. Accusé de trafic d’influence, de blanchiment d’argent et de corruption, l’ex-élu a été condamné définitivement en 2019 à quatre ans et huit mois de prison par la justice roumaine.
Mais Cristian Rizea n’a pas immédiatement purgé sa peine. Après sa condamnation, il s’est réfugié en Moldavie, où il a obtenu la nationalité moldave avant d’en être déchu. Arrêté trois ans plus tard, il a finalement été extradé vers la Roumanie en 2023 pour y purger sa peine. Incarcéré au centre pénitentiaire de Jilava, au sud de Bucarest, il a été remis en liberté en juillet 2025. Un parcours judiciaire mouvementé, qui donne un relief particulier à son irruption, mardi 19 mai, lors de la remise de l’Ordre européen du Mérite à Maia Sandu.
Une irruption sur fond de guerre informationnelle
L’irruption de Cristian Rizea intervient aussi dans un contexte politique particulièrement tendu en Moldavie. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, l’état moldave alerte régulièrement sur des tentatives de déstabilisation attribuées à Moscou : campagnes de désinformation, cyberattaques, financements illicites ou encore pressions politiques autour de la Transnistrie, région séparatiste prorusse située à l’est du pays. Les autorités moldaves accusent notamment la Russie de chercher à fragiliser le cap pro-européen défendu par Maia Sandu, qui veut faire entrer son pays dans l’Union européenne d’ici 2030.
Dans ce climat, la présidente moldave est devenue l’une des cibles privilégiées des attaques politiques et informationnelles. Sans faire de l’incident provoqué par Cristian Rizea une preuve directe d’ingérence, son intervention s’inscrit donc dans un environnement où chaque prise de parole hostile à la présidente moldave résonne avec une bataille plus large autour de l’avenir européen du pays.
Soltane Ouazzani
