La première cérémonie de l’ordre européen du Mérite s’est tenue à Strasbourg le 19 mai. Une vingtaine de personnalités y ont été récompensées. Elle était présidée par Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, aux côtés d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Sous un décor dominé par le bleu et le jaune des drapeaux européens, la première cérémonie de l’ordre européen du Mérite s’est tenue mardi 19 mai à 11h30, dans l’hémicycle du Parlement européen de Strasbourg. Une ouverture solennelle marquée par une vidéo évoquant « 76 ans de courage » et une Europe « émergée des cendres de la guerre ». L’objectif de la cérémonie ? Mettre à l’honneur des personnalités et des acteurs ayant contribué au rayonnement du projet européen.
Parmi la vingtaine de personnalités distinguées, l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ou encore le leader historique polonais Lech Wałęsa figurent en tête d’affiche. Dans son discours, Angela Merkel a rappelé les fondements de l’Union européenne : « prospérité économique, sécurité, droits humains et démocratie ». Elle a également exprimé ses inquiétudes face aux défis liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle.
Plus inattendue, la distinction attribuée au groupe U2 et au basketteur Giánnis Antetokoúnmpo. Un choix assumé pour élargir le message : montrer que l’Europe ne se construit pas uniquement dans les sphères politiques, mais aussi à travers le sport et la culture, par exemple.
Interruption du discours de la présidente moldave
La cérémonie, ponctuée par la remise des distinctions par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, a toutefois été brièvement perturbée. Lors du discours de la présidente moldave Maia Sandu, Cristian Rizea, ancien député roumain expulsé de Moldavie, a interrompu la prise de parole depuis la tribune de presse en affirmant que la Moldavie était « victime d’abus ».
Dans une intervention brève mais virulente, il a poursuivi en qualifiant Maia Sandu de « dictatrice », ajoutant qu’il fallait « retenir que la justice est corrompue en Moldavie ». Il a crié que la présidente « ne mérite pas ce prix », évoquant des « liens avec des réseaux criminels » et des « barons de la drogue ».
L’homme, qui a cité plusieurs noms au cours de son intervention, a été rapidement évacué par le service de sécurité sous les regards des invités. À noter que, d’ailleurs, Maia Sandu recevait précisément cette distinction pour son action face aux tentatives d’ingérence russe, notamment à travers les campagnes de désinformation visant la Moldavie.
À l’extérieur du Parlement, la contestation s’est également invitée avec des agriculteurs venus de toute l’Europe qui manifestaient contre la hausse des prix des engrais. À leurs côtés, plusieurs élus du groupe « Patriotes pour l’Europe ». Conséquence, la droite de l’hémicycle affichait des bancs peu garnis lors de la cérémonie.
Alicia Tournier
